Foot: le gardien athois Noa Depôtre découvre un nouvel univers à Lokeren

Prêt à prendre son envol à Lokeren.
Prêt à prendre son envol à Lokeren. - Johnny De Ceulaerde

Le football a toujours été dans les gênes des Depôtre, avec un grand-père, Arnold, qui a porté le maillot de La Louvière, et un paternel, David, qui a notamment défendu longtemps les filets d’Isières. « C’est là que j’ai commencé », se rappelle Noa, quasi quinze ans après ses débuts. S’imaginait-il alors qu’il évoluerait en Flandre, sous le maillot de Lokeren, en D2 ? La trajectoire de Noa Depôtre n’est pas banale : après un rôle de second gardien à Tubize, le voici à Daknam, dans un stade qui a connu la Coupe d’Europe: « Un transfert qui s’est fait grâce à mon agent », explique le citoyen d’Irchonwelz. « Dès que j’ai entendu le nom de Lokeren, un des plus grands clubs de Belgique, ça m’a donné envie! C’est un beau défi et tout se passe super bien, dans un univers très professionnel. C’est dommage que tout soit à l’arrêt... »

Lokeren veut remonter le plus vite possible

Tout est allé très vite pour Noa Depôtre, qui a signé à Lokeren peu après la faillite du club. « C’est un peu l’année où je peux me lancer, avoir l’occasion de me montrer », juge-t-il. « L’objectif de Lokeren est de remonter le plus vite possible au plus haut niveau. Nous avons des supporters fervents, même si le nombre a toujours été limité vu les mesures Covid. » Ces fidèles ont pour la plupart connu les belles années de la D1, les victoires en Coupe de Belgique, en 2012 et 2014, et ne demandent qu’à revivre des moments inoubliables, après la douleur infligée en avril dernier. Et l’équipe a les armes pour satisfaire les souhaits de ce public, malgré un début de championnat un peu décevant sur le plan comptable. « Cinq points sur neuf, sans jamais être battus, ce n’est pas mal, mais ce n’est pas ce que nous attendions », avoue le gardien. Début octobre, l’entraîneur Yves Van der Straeten, qui était en fait à la tête de l’équipe de Temse, a ainsi été remplacé par Karel Fraeye. « Nous n’avons vécu qu’un match avec lui », précise Noa Depôtre. « Pour l’instant, je suis N.2, le titulaire ayant 27 ans, et moi 19. Mais je pense en tout cas qu’avec l’équipe que nous avons, nous pouvons atteindre les objectifs attendus. Il y a chez nous deux ou trois piliers, comme Steve Schurmann, un capitaine qui motive l’équipe, mais aussi deux transferts : Stephen Buyl et Killian Overmeire, une légende du club! Des arrivées qui tombent à pic pour apporter de la hargne dans le groupe. »

« Je ne peux plus faire un an sans foot si je veux devenir pro »

Diable rouge éphémère, Overmeire, 34 ans, a disputé près de 500 matches sous les couleurs de Lokeren et il est donc un porte-drapeau prêt à mener la formation waeslandienne de nouveau sur la route du succès. Reste à patienter quelques longues semaines encore, voire davantage, vu le contexte sanitaire, avant de premiers entraînements. Toujours aux études à Ath, Noa Depôtre est impatient. Pas de football, une fin 2020 toujours perturbée par le Covid... et une année sans Ducasse également, pour celui qui a été Berger David en 2009 et dont la famille a toujours été partie prenante de l’événement : « Une année un peu triste », admet le citoyen athois. « Nous l’étions tous. Et ma copine est aussi dans le Doudou, à Mons, mais il y a certaines priorités. »

Le retour du sport ravivera-t-il 2021? Noa Depôtre l’espère. « Je ne peux plus faire une année sans foot si je veux devenir professionnel. Cela ne me dérangera jamais de faire ma carrière à Lokeren, et d’accompagner le club vers le plus haut niveau. » Et pour y parvenir, le jeune Athois s’adapte aussi, peu à peu: « J’avais du néerlandais en primaire, des bases, mais ça n’a rien à voir, surtout en raison du dialecte. C’est assez compliqué, mais je suis obligé de parler néerlandais. Et puis, je suis assez sociable et cela peut être un avantage, un bagage en plus... » Le langage du football reste universel, mais l’apprentissage du néerlandais ne peut qu’aider le joueur dans son nouvel univers. Où il ne demande qu’à grandir, vite, mais bien.

Stéphane Dupuis

Ter Stegen pour modèle... et des airs de Courtois?

Noa Depôtre dit spontanément être prêt à rester toute sa carrière à Lokeren, avec l’idée de gravir les échelons pour un retour en D1 du club waeslandien, mais comme beaucoup, son plus grand rêve l’enverrait vers l’étranger: « Soit partir en Angleterre, le championnat N.1 dans le monde, ou en Espagne. Si j’ai l’occasion d’y effectuer deux ou trois stages... J’ai un peu le profil type pour le football anglais, où l’on recherche de la taille. » S’il n’est pas supporter d’un club en particulier, il est passionné par le haut niveau, les Chelsea, Liverpool, Manchester City...

Jeu aérien

Avec ses 198 centimètres pour 89 kilos, le jeune Athois en impose: « A Tubize, l’entraîneur des gardiens, Michel Iannacone (NDLR: l’ex-keeper du RAEC Mons vient d’être champion en Egypte) me comparait souvent à Thibaut Courtois, en raison de ma taille et du fait que je prends beaucoup de place. Les mêmes qualités, les mêmes défauts, Toutes proportions gardées, bien sûr! Mais à mes yeux, Ter Stegen est le gardien-type du XXIe siècle, le plus complet. »

Conscient du travail à accomplir, Noa Depôtre pense bien sûr à se faire une place à Lokeren. « Mes qualités ? Le jeu aérien et les duels en un contre un, où j’occupe de la place. J’ai un bon jeu au pied et je joue d’ailleurs des deux pieds. » Le gardien estime aussi avoir progressé dans sa tête lors de son passage à Tubize : « La première saison fut loin d’être ma meilleure année, mais j’ai appris à m’occuper de moi-même, je me suis amélioré mentalement. »

S.Dps.

«Je suis passé dans le monde des adultes à Tubize»

Athois, Noa Depôtre a fait ses classes à Isières avant de passer au RGA à neuf ans, puis de partir une année en internat sports-études à Mouscron. Revenu à Ath jusqu’en U15, il a ensuite à nouveau filé chez les Hurlus, afin de mettre toutes les chances de son côté dans sa quête de devenir footballeur pro. « Mais je n’étais alors pas assez mature pour rester une semaine sans mes parents et je ne supportais pas la route », se souvient-il.

Revenu à Ath, au Pays Vert, en U17, il n’y est pas resté longtemps. « Après un tournoi, Tubize m’a contacté et j’ai rejoint ses U19 », détaille-t-il. « Un mois plus tard, j’ai été surclassé, en réserves, avec Daré Nibombé, l’ancien joueur de Mons en D1, comme entraîneur. La deuxième année, à peine de retour de vacances, au premier jour de la saison, on m’a dit qu’on avait besoin de moi pour l’équipe première. C’est Sylvain De Weerdt qui m’a aidé dans mon début de carrière, et c’est grâce à lui que je suis à Lokeren. Je connaissais surtout Tubize parce que c’était la D1 et ça fait un peu rêver, et ce furent de belles années. J’ai ainsi joué avec des gars d’expérience, passant du monde des ados-adultes à celui des adultes. »

Il a eu droit à deux titularisations, dont la première à 18 ans, à l’Olympic, en D1 amateurs: « Je me souviens que j’étais très stressé », s’exclame-t-il. « Laurent Demol, l’entraîneur, me faisait confiance et je ne voulais pas le décevoir. Et puis, j’étais aussi content pour mes parents, j’y voyais un petit retour sur le travail accompli. » Comme un remerciement, entre autres, pour les nombreux kilomètres accomplis, entre Mouscron et Ath. Avant les 150 km à couvrir pour le défi waeslandien, désormais.

S.Dps.

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