Soignies: «Des étudiants ratent leur année parce qu’ils ne trouvent pas de stage»

Julie, jeune prof, lance un appel à la générosité pour que des étudiants trouvent des stages
Julie, jeune prof, lance un appel à la générosité pour que des étudiants trouvent des stages - DR

Julie, une jeune Sonégienne régente en économie sociale et familiale, est une prof motivée à l’empathie développée et aux nombreux contacts. C’est ainsi qu’elle en est arrivée à rassembler le témoignage de nombreux étudiants en détresse car ils ne trouvaient pas de stage. « Il y a des amis qui n’ont pas fini leurs études, d’anciens élèves… »

Selon la prof, le télétravail étant la norme, les lieux de stage se font de plus en plus rares et le peu de lieux restants expriment souvent un refus. « Les domaines les plus impactés sont sans aucun doute celui de la restauration, de la coiffure, de l’esthétique, du secrétariat, des métiers à caractère sociaux comme les éducateurs, les assistantes sociales ou ceux qui touchent le domaine hospitalier. J’ai reçu aussi le témoignage d’étudiants en photographie. Bien souvent, on évoque le travail, des bureaux trop exigus ; … », souligne-t-elle

Près de 150 refus !

Julie dit avoir recueilli le témoignage d’une centaine d’étudiants se retrouvant bien souvent à quelques jours de leur début de stage sans accord… « Il y en a qui ont reçu près de 150 refus. Ayant la volonté de réussir leur année, certains persévèrent dans leurs recherches mais d’autres voient leur réussite s’éloigner et la motivation commence à manquer », poursuit la jeune prof.

Des obligations d’évaluation avec un stage

Selon cette dernière, le problème est que les règles et les adaptations possibles ne sont pas claires… « Politiques, directions et enseignants se rejettent la balle. Certaines directions refusent d’annuler les stages et ce même quand la situation ne permet pas leur mise en place. Les directions obligent les enseignants à évaluer les élèves uniquement au travers d’un stage. Certains étudiants se sont même vu obtenir un zéro car ils n’avaient pu trouver un stage dans les délais et ce, en dépit de nombreux refus comme preuve de leur bonne volonté. Heureusement d’autres enseignants accompagnent leurs élèves dans les recherches et tentent de limiter la casse. Je connais une étudiante qui a été diplômée en esthétique sans stage mais on lui a dit qu’elle recevrait le diplôme le plus bas. D’autres ne peuvent pas être diplômés sans stage. Ils se voient reporter les délais de mois en mois mais ne trouvent pas… » »

Comme pour beaucoup de situations, c’est en partie grâce à la solidarité que les choses peuvent s’arranger. « Certains restaurants pratiquant la vente à emporter pourraient quand même accueillir des étudiants en stage. Tout comme le milieu hospitalier, dont le personnel est très fatigué, pourrait recevoir des étudiants en support »

Des alternatives pour les domaines perdus

Et puis, il y a les domaines qui semblent définitivement perdus comme la coiffure, l’esthétique… « Il est impératif que les dirigeants d’écoles et les politiques concernés puissent trouver des alternatives qui vont impacter au minimum les étudiants et leurs apprentissages. »

Et d’en conclure en lançant un appel aux divers secteurs du travail : « Nos élèves ont besoin d’une main tendue pour avancer ensemble vers un métier ».

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