Futsal: le Jurbisien Quentin Joly (ex-Frasnes) va découvrir l’élite luxembourgeoise

Un club étranger qui ne manque pas d’ambitions: le nouveau défi de Quentin Joly.
Un club étranger qui ne manque pas d’ambitions: le nouveau défi de Quentin Joly. - N. Toussaint - www.lffs.eu

Quentin, comment avez-vous abouti dans ce club du nord du Grand-Duché ?

En Belgique, le confinement et les mesures sanitaires ont interrompu la majorité des compétitions, toutes disciplines confondues. Or, je ne voulais pas arrêter le futsal. J’ai donc trouvé cette alternative (NDLR : au Luxembourg, la fédération vient de relancer les championnats dans une formule remaniée et étalée du 14 février au 13 juin).

De qui est venue l’initiative ?

J’ai pris contact avec le président du club, qui m’a proposé un essai. Je me suis donc rendu sur place vendredi dernier. Le test s’est avéré concluant puisque j’ai été invité à y retourner la semaine prochaine pour m’entraîner et signer. Un beau challenge en vue, d’autant que Clervaux vise les playoffs.

Quel est le niveau du futsal là-bas ?

Tactiquement, c’est au moins aussi fort que tout ce que j’ai pu connaître jusqu’ici en Belgique. Il faut savoir que l’équipe de Clervaux se compose uniquement de Portugais. Même les membres du staff sont lusitaniens. Je vais donc être le seul francophone de la bande. Ceci dit, je devrais me débrouiller avec les explications données sur tableau.

Vous allez déménager ?

Non. Le club m’a proposé un appartement sur place, mais la famille et mon boulot -professeur d’éducation physique et éducateur spécialisé-, me retiennent ici.

Fameuse expédition, non ?

Environ 250 kilomètres, ce qui me fait deux bonnes heures de route. Le programme prévoit trois entraînements par semaine, plus le match. C’est sûr, je vais souvent prendre le volant. Mais quand on aime… (rires)

En plus, vous vous êtes aussi spécialisé dans la préparation physique.

Oui. Je suis attaché à l’école des jeunes de Mons-Hainaut, jusqu’à la Régionale 2. J’exerce aussi pour la Youth Academy du SHAPE. Sans compter les séances individuelles, notamment avec des jeunes de Mouscron.

Compte tenu de toutes vos occupations, vous n’avez pas trouvé un club plus proche de l’autre côté de la frontière ? En France, par exemple ?

Les déplacements auraient encore été plus importants. Et puis, je ne vois pas comment j’aurais pu m’arranger avec le couvre-feu décrété à 18h outre-Quiévrain.

Vous avez donc quitté Magic Thulin pour rejoindre Clervaux.

C’est vrai, je faisais partie de l’effectif thulinois prévu cette saison. Mais pour des raisons personnelles, j’ai quitté le club avant même le coup d’envoi de la campagne. J’ai alors rejoint Braine-le-Comte, plus proche de chez moi et où j’avais déjà évolué précédemment.

MFC Givry, Maracana Boussu, Auriverde Tertre, Sporting Soignies, Courcelles, Magic Thulin, Blampain’s Team Braine-le-Comte, RAAL, Rebecq, Olympic Boys de Frasnes : vous avez la bougeotte…

Soit les clubs ont eux-mêmes fait la démarche de me transférer, soit j’y avais des connaissances qui m’ont convaincu de les rejoindre. En réalité, mes choix tiennent compte de l’affectif : je cherche avant tout à me sentir le mieux possible, en confiance, dans mon nouvel environnement.

F.Mi.

Longtemps dégoûté du foot, mais bien décidé à s’y remettre

Quentin Joly a d’abord joué au foot « classique ». Il a notamment suivi la filière des jeunes aux Francs Borains et au RAEC Mons, où il a bien progressé. Ses aptitudes n’ont d’ailleurs pas laissé indifférents les entraîneurs du centre de formation du LOSC, une référence en la matière. « J’avais passé les tests et je devais l’intégrer. Mais mes résultats scolaires laissaient alors à désirer, si bien que mes parents n’ont pas voulu que je continue seul à Lille. J’en suis sorti dégoûté du foot en plaine ! J’avais 18 ou 19 ans. Pour pallier, je me suis donc tourné vers le futsal, qui correspond à mon style et à mon profil. À l’aise sur le plan technique et toujours vif malgré mon âge, je me sens bien dans le rôle d’organisateur ».

« Pour mes grands-parents »

S’il s’est forgé une expérience certaine au fil des saisons, Quentin a aussi gagné en maturité et en réflexion. Ainsi, comme il n’est jamais trop tard pour faire marche arrière, il a revu son jugement par rapport au foot traditionnel : « De fait, un de mes prochains objectifs consiste à réintégrer une équipe en tant que joueur », lance-t-il. « À cette occasion, j’aimerais retrouver un certain niveau. La D3 ACFF, au minimum. J’ai déjà quelques touches… »

Pour relever ses défis, le Jurbisien peut compter sur un entourage bienveillant. « Réussir en salle et en plaine, c’est ma façon de remercier mes grands-parents, auxquels je dois énormément. C’est en leur mémoire que je mets toutes les chances de mon côté. J’en profite aussi pour remercier ma compagne Aurélie, compréhensive et positive à l’égard de mes projets, ainsi que Gaby Ouanane, Sofiane Bennacer et Cédric Detaille, des coaches aux conseils toujours avisés. Sans oublier la famille Blampain et Vincent Rousseaux, très humains et toujours disponibles en cas de besoin ».

F.Mi.

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