Du trial au vélo, il n’y a qu’un pas pour le Givrysien Clément Vasseur

Clément Vasseur a troqué sa lourde moto de trial pour un vélo en carbone.
Clément Vasseur a troqué sa lourde moto de trial pour un vélo en carbone. - T.M.

C’est sous les couleurs du CG Racing de Quévy que l’équilibriste a affronté les parcours les plus périlleux du pays. « L’assistance du team de Christophe Godart a été très précieuse », insiste le jeune homme. « C’est mon cousin Antonin Couvreur, champion de Belgique Juniors en 2019, qui m’a embarqué dans cette belle discipline. Depuis tout petit, j’ai toujours baigné dans les sports moteurs. Le karting, le motocross, le trial : ce sont mes hobbies. Quand je rendais visite à mon cousin et ses motos, j’avais toujours des étoiles plein les yeux. Cette passion occupe une place importante dans ma vie puisque je l’ai aussi convertie à travers mes études : je sors d’une 7e année en mécanique hydraulique. Mon métier, c’est de conduire des engins de chantier comme des pelleteuses, des camions… Après m’être essayé au trial du Mont-Panisel, dernière manche du championnat de Belgique 2019, j’ai donc décidé de tenter ma chance en compétition l’année suivante. Et puis, nous avons la chance de pouvoir compter sur le Royal Mons Auto Moto Club, qui se démène pour garder le terril de Ciply en bon état afin que les trialistes puissent s’y entraîner ».

Vainqueur à Bilstain

Et pour ses grands débuts parmi l’élite nationale, le licencié quévysien n’a pas démérité. « Le calendrier a été écourté à quatre manches en raison de la crise sanitaire. Mais ça ne m’a pas empêché de terminer vice-champion de Belgique en Espoirs 125cc avec une quatrième place, une troisième, une deuxième et surtout, ma première victoire au trial du domaine de Bilstain, près de Liège. J’en garde un super souvenir ».

« Le vélo : à 19 ans ou jamais »

Malgré cette première pige plus que convaincante, Clément Vasseur a pris la décision surprenante de totalement changer de cap cet hiver. Direction le garage pour sa lourde bécane motorisée, c’est avec un deux-roues de quelques kilos seulement qu’il arpente désormais les routes sinueuses de l’entité. « Je faisais déjà du vélo. Le samedi, j’avalais 120 kilomètres et le dimanche, je rejoignais mon cousin pour faire du trial. J’ai réfléchi sur ce qui était le meilleur pour moi à mon âge. Et je me suis dit qu’à 19 ans, c’était le bon moment pour tenter ma chance en vélo sur route. À 23 ou 25 ans, je pourrais retourner sur une moto, pas sur un vélo, du moins pas pour faire de la compétition. C’est maintenant ou jamais ».

Les fédérations cyclistes belges faisant davantage la part belle aux catégories d’âge plutôt que de niveau, c’est à quelques kilomètres de la frontière que l’étudiant montois a mis le pied à l’étrier. « À l’Etoile Cycliste de Feignies. J’ai choisi la France car les moins chevronnés sont reversés dans des catégories selon leurs compétences, peu importe s’ils ont 16 ou 35 ans. Je vais donc démarrer en D4. Une fois que j’aurai décroché 30 points, une victoire octroyant dix points, les places d’honneur quelques unités, je passerai dans la catégorie supérieure. Si j’étais resté en Belgique, j’aurais rejoint la catégorie espoirs dans laquelle il y a déjà de grosses équipes qui roulent à 40-43 km/h de moyenne pour rallier des courses de 150-170 kilomètres. Pour débuter, ça aurait été suicidaire ».

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« Les routes en Belgique ne sont pas vraiment en bon état »

Prudence!
Prudence! - T.M.

Eternel débat entre les deux parties, les automobilistes reprochent souvent aux cyclistes de prendre trop de place sur la voirie et inversement. « Des kilomètres, j’en fais beaucoup chaque semaine, et je peux vous assurer qu’il y a des inconscients des deux côtés », observe Clément Vasseur. « Hélas, force est de constater que les deux-roues sont beaucoup plus exposées et donc, fragiles. Il est interpellant de constater les risques insensés que sont prêts à prendre certains automobilistes pour nous dépasser. Tous ne se rendent pas compte de ce que le cycliste endure, particulièrement sur les routes belges qui ne sont pas vraiment en bon état. Une bête chute peut vite nous briser la clavicule. Tout ça pour une poignée de secondes gagnées ».

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«Six sorties pour 500 kilomètres par semaine»

Un mental d’acier.
Un mental d’acier. - T.M.

Actuellement en pleine préparation hivernale pour le jour-J, Clément Vasseur compte bien être au top de sa forme dès le mois de mars, date à laquelle démarre, en principe, la saison. « Les courses ont lieu le mercredi, le samedi et le dimanche. Évidemment, vous n’êtes pas obligé de vous y aligner à toutes. Mais elles vous permettent d’engranger des points, en fonction de votre place à l’arrivée, et ainsi gravir les différentes catégories. Pour le moment, outre les rendez-vous avec le club sur la place de Feignies le dimanche, je m’entraîne six fois par semaine : quatre séances sur route et deux dans la boue, ce qui correspond à environ 500 kilomètres. Je roule dans mon coin du côté de Givry, Haulchin et Mons, mais je prends aussi la direction de Lobbes et Thuin où ça grimpe davantage. C’est sur un terrain à Quaregnon que je me rends pour faire du cyclo-cross, très complémentaire pour performer sur route, en attestent les succès de Wout Van Aert ou Mathieu van der Poel. C’est tellement physique et intense que ça vous pousse dans vos retranchements et vous fait donc progresser ».

« Un apéro, pas deux »

Le sportif de 19 ans est également suivi par un nutritionniste. « L’apéro, c’est un seul, pas deux », sourit le protégé de Pro Bike à Tubize. « Je ne me frustre pas, mais je fais très attention à mon hygiène de vie. Je mange vélo, je dors vélo, je vis vélo ! » Et le passionné de se confier sur ses objectifs ultimes : « Gagner le tour de Wallonie, et pourquoi pas participer au Tour de France. Quitte à finir dernier (rires). Une équipe ? Le Wolfpack de Quick-Step, évidemment ! »

T.M.

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