Peu de moutons produits chez nous

On pourrait produire plus de moutons en Belgique.
On pourrait produire plus de moutons en Belgique. - DR

Voici peu, Libramont a accueilli pendant trois jours le 70e congrès annuel de la Fédération nationale ovine française (FNO), une section de la célèbre FNSEA.

Ce congrès sortait pour la première fois de France, et c’était d’ailleurs une «première» pour l’ensemble des fédérations nationales, toutes variétés animales comprises.

Un congrès historique

Généralement, il se déroule en France, en changeant de lieu tous les ans.

A l’heure du Brexit, ce congrès était donc historique. 200 éleveurs français sont donc venus à Libramont, ainsi que Michel Barnier, commissaire européen au Brexit qui maîtrise bien le sujet de l’élevage ovin, les ministres de l’Agriculture Willy Borsus (Fédéral) et René Collin (Région wallonne), sans oublier Sabine Laruelle, ancienne ministre de l’Agriculture et Marc Tarabella, député européen. Côté organisation, on retrouvait le Collège des producteurs, l’Agence wallonne de l’élevage, la Fugea, la FWA et l’université de Namur avec son Centre de recherches ovines.

Pour Michèle Boudoin, présidente de la FNO, «les éleveurs belges sont les seuls à venir depuis 25 ans à notre congrès annuel. Il s’est créé des amitiés au fil des ans, et il était logique pour nous de venir un jour en Belgique. Nous sommes très soumis à une pression commerciale internationale et nous sommes très européens pour lutter contre l’envahissement venant d’Australie et de Nouvelle-Zélande.»

Avec 40.000 éleveurs dont 60% membres de la FNO, la France a évidemment une autre présence que les éleveurs wallons, estimés à 5.600, dont 460 professionnels, full time mais surtout en complément d’un élevage bovin.

Seuls 36 éleveurs possèdent un troupeau de plus de 200 bêtes.

«Nos moyens financiers sont donc limités, note Jean Devillers (Marchin), président de la filière ovine et caprine du Collège des producteurs. On avait peu de références au niveau technique et administratif, et c’est grâce à nos contacts avec la FNO qu’on a pu faire évoluer nos connaissances. Cela a notamment permis d’argumenter pour obtenir une prime ovine de soutien à la brebis, effective depuis 2015. Ce congrès donne une visibilité énorme au sein du monde agricole wallon où nous sommes un peu les oubliés, et permet d’avoir un nouvel élan vers une Europe des régions.»

Jeunes éleveurs

Le secteur ovin wallon reste assez marginal mais pourrait croître.

L’autoproduction ne dépasse pas les 8%, la Belgique étant le pays le plus déficitaire d’Europe au niveau ovin.

Le potentiel est donc énorme et on remarque que des jeunes se lancent dans cet élevage qui est peu coûteux en infrastructures par rapport aux bovins. La moyenne d’âge des éleveurs ovins wallons de plus de 50 moutons se situe à moins de 40 ans.

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Le congrès a dressé le bilan de la présence ovine dans la future Politique agricole commune (PAC), car la race ovine y a été oubliée jusqu’en 2007-2008.

Les éleveurs ont aussi mis l’accent sur une consommation européenne renforcée, sur la traçabilité, sur les maladies. Rappelons notamment que le ministre fédéral de l’Agriculture Willy Borsus a donné son feu vert pour une nouvelle commande de vaccins contre la fièvre catarrhale ovine qui se développe à nos frontières.

Dans les mois à venir, le collège des producteurs wallons entend bien booster cet élevage. «Un défi professionnel et politique», conclut Jean Devillers.

JEAN-LUC BODEUX

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