«Mariah Carey est tombée amoureuse de Georges-Alain et a voulu l’enlever!»

« La Star Ac, cela me faisait penser à Fame. »
« La Star Ac, cela me faisait penser à Fame. » - Isopix

De 2001 à 2003, lors des trois premières saisons, vous étiez professeur de chant. Comment a dé but é cette aventure ?

Je donnais déjà des cours de chant à des tas de stars. La production de la « Star Ac » m’a appelée en me proposant d’intégrer l’émission. On m’a expliqué le concept. Cela me faisait penser à Fame. J’ai trouvé ça formidable de montrer qu’on peut faire beaucoup, simplement en travaillant avec des exercices. J’étais d’ailleurs la première à montrer une technique de chant qui n’était pas simplement debout autour d’un piano à faire des vocalises, c’était tout un travail le travail sur le corps et le mental. Ça a surpris tout le monde et ça a pris une ampleur étonnante. Je me rappelle que lorsque je suis sortie la première fois du château, je me suis rendu compte de ce qui se passait. C’était la folie dehors. On ne pouvait plus faire un pas. C’était hallucinant et même un peu effrayant.

Quels étaient vos é l èves favoris ?

On en a toujours, mais on n’ose pas le dire. C’est vrai que dans la 1ère saison, j’adorais Jean-Pascal. Il m’a beaucoup ému parce qu’il se sentait obligé d’être le clown qu’il est naturellement. Ça le rendait malheureux parce qu’il était étiqueté alors que c’est un garçon qui chante très bien et qui peut être très émouvant. Je me souviens aussi de Nolwenn qui était déjà mon élève avant la « Star Ac » et elle ne me l’avait pas dit parce qu’elle n’avait pas le droit. J’ai découvert sur le plateau qu’elle avait été sélectionnée. Elle a un talent énorme et une voix magique. Je ne l’ai jamais entendue faire une fausse note.

Pourquoi avez-vous arrê t é ap rès la saison 3 ?

Il y avait une sorte de fatigue. Les journées étaient très longues et je ne dormais pratiquement plus. J’enchaînais les photos, reportages et interviews et je ne tenais plus debout. La production me mettait aussi la pression pour être moins musical et un peu plus téléréalité. Certains élèves étaient mis en avant et ça m’a fatigué. J’ai pris du recul jusqu’à ce que je refasse la 8ᵉ saison en tant que directrice et là ça a été compliqué.

Pourquoi ?

Parce qu’après cinq années d’absence, les choses avaient un peu changé. J’aurai dû en principe donner des cours de diction, mais ça ne s’est pas fait. Je ne me sentais pas vraiment à ma place. C’est dommage que l’on ne parle pas assez souvent des élèves de la 8ᵉ saison parce qu’il avait des gens formidables aussi. Mickels Réa, le gagnant, était vraiment un grand musicien. C’est un super chanteur qui, malheureusement, n’a pas su percer par la suite.

Vous étiez bien payée ?

Au début, mon salaire était d’environ 5800 euros pour treize semaines, soit plus de 1800 euros par mois. Ensuite, face au succès phénoménal de l’émission, c’est monté aux alentours de 20.000 euros par mois pour les saisons 2, 3 et 8. C’était beaucoup d’argent.

Avez-vous une anecdote que personne ne sait ?

Je me rappelle que lors de la saison 2, Mariah Carey a voulu enlever Georges-Alain parce qu’elle le trouvait très beau. Elle était complètement amoureuse de lui. Après le prime, la star devait prendre sa voiture et son avion. Elle a pris la main de Georges-Alain et voulait l’emmener jusqu’au moment où Nikos Aliagas lui a dit qu’elle ne pouvait pas étant donné que les élèves devaient rentrer au château. Les gardes du corps ont dû le sortir de la voiture. C’était très drôle.

Avez-vous encore des contacts avec les anciens é l èves ?

Oui bien sûr. Chacun vit sa vie, mais à certaines occasions, on se retrouve et c’est toujours très agréable. Je suis toujours très heureuse de savoir ce qu’ils deviennent. On se parle de temps en temps sur les réseaux sociaux.

Un regret ?

Je regrette que l’émission se soit arrêtée. Cela aurait pu devenir une institution, mais je ne sais pas si les producteurs sont prêts à dépenser autant qu’à l’époque. C’était très cher… le château, les stars internationales qui venaient… c’était un budget effarant. Dès qu’on a des personnes enfermées quelque part dans un milieu, ça devient très cher. Je ne sais pas si c’est possible de refaire une « Star Academy » comme à l’époque. En tout cas, je suis certaine que ça marcherait. C’est tellement attachant… Ça fait tellement de bien.

La « Star Ac » a marquél’histoire de la télévision

«J’ai connu de grands moments de solitude», se souvient Nikos Aliagas.
«J’ai connu de grands moments de solitude», se souvient Nikos Aliagas. - TF1

Au début des années 2000, la France découvrait la télé-réalité avec «Loft Story» sur M6.TF1 se devait de riposter, mais la chaîne voulait autre chose qu’un «Big Brother» à la française. Alexia Laroche Joubert, à l’époque chez Endemol, eut l’idée d’adapter un programme hollandais intitulé « Star Maker ». « On a juste gardé le concept, des gamins dans une école qui apprenaient à chanter », explique-t-elle aujourd’hui. C’est ainsi qu’est né « Star Academy » à la rentrée de 2001.

Le concept est séduisant : 16 ados sont enfermés dans un château pour apprendre le chant, la comédie, la danse, sous l'œil de 40 caméras réparties dans le bâtiment et les jardins. Une semaine de cours et de préparation, et un seul pour les élèves : réussir leur prestation en direct, en public et en prime time. Chaque semaine un candidat est éliminé et pour le gagnant, un contrat en or, l’enregistrement de son propre album et 1 million d'euros. Pour porter ce programme, TF1 choisit un animateur neuf, Nikos Aliagas.

Le lancement a lieu le 20 octobre 2001 et c’est la catastrophe. Les téléspectateurs sont absents. La sauce ne prend pas. Endemol propose de rembourser TF1. La chaîne refuse et demande qu’on change la formule. « On a mis un moment avant de nous débarrasser des réflexes de pure téléréalité utilisés dans le ‘Loft’ », explique Alexia Laroche-Joubert. La production a alors l’idée de faire venir des artistes connus et fédérateurs pour chanter avec les candidats. Ce fut l'élément déclencheur. Les enfants s'identifiaient aux candidats, les parents aux chanteurs. La « Star Ac »devenait à la fois une émission de variétés et une émission familiale. L’image d’une école idéale se dessine auprès des jeunes.

Les artistes se bousculent sur le plateau : Florent Pagny, Johnny Hallyday, Patrick Bruel. Des stars internationales répondent présentes comme Céline Dion, Madonna, Beyoncé. Bingo, les scores d'audience s’envolent. La machine est énorme à faire fonctionner. Plus de 300 personnes travaillent sur les primes en direct. « J'ai connu de grands moments de solitude », se souvient Nikos Aliagas. Entre Britney Spears qui n'en tendait pas la traduction, un candidat bloqué tout en haut d'un câble, Elton John qui réquisitionne une télé dans sa loge pour voir un match de foot, Ray Charles qui se trompe de côté pour rejoindre les coulisses et qu'il faut rattraper, l'oreillette qui ne fonctionne plus, les Bee Gees qui se décommandent à quelques heures du prime, une candidate, Élodie Frégé, qui tombe dans les pommes, Stevie Wonder arrivant avec une équipe de 80 personnes, Madonna avec 30 personnes. »

L’émission amène également son lot d’émotions. « Je me souviendrai toujours du cri de la mère de Grégory quand on a annoncé qu'il avait gagné », confie Alexia Laroche-Joubert.

À partir de la sixième édition, les audiences diminuent. La faute à la concurrence avec « Nouvelle Star » sur M6 et surtout au départ du château, pour s'installer, plus banalement, au cœur de Paris. Aujourd’hui, personne ne sait si, un jour, on reverra la « Star Ac » mais cette aventure restera dans les mémoires comme l'une des grandes réussites de la télévision.

Qu’est devenue Magalie Vaé, la gagnante de la Star Academy 5 ?

Que devenez-vous, Magalie ?

Je suis toujours chanteuse. C'est toujours mon métier et ma passion bien sûr. J’ai lancé ma société d’évènementiel qui me permet de continuer à chanter lors de mariages. J’ai aussi eu la chance de tourner dans une série sur NRJ12 et plus récemment dans un film qui sera diffusé en fin d’année, intitulé « Ne m’oublie pas ».

Vous avez vécu un parcours incroyable. Vous aviez 18 ans à l ’époque. Sur les primes, vous avez rencontré Madonna, Celine Dion. Vous avec chanté avec Mariah Carey et Gregory Lemarchal. Ê tes-vous nostalgique de cette période ?

Je ne suis pas nostalgique parce qu'il faut grandir, mais j’ai toujours un regard très tendre lorsque je revois les images de l’époque, surtout avec ma fille qui me pose énormément de questions. C’est quand même une énorme chance de chanter avec tous ces artistes et de vivre cette aventure. J’ai vécu de belles choses, mais j’ai surtout appris énormément.

C’ est vrai que la production a tout fait pour essayer de vous éliminer ?

Je ne sais pas s’ils ont tout fait pour m’éliminer, mais en tout cas, ils ne m’ont pas aidée. (rires) De toute façon, le public m’a fait gagner et grâce à ce soutien, je vis encore de ma passion. Peu importe ce qui a pu se passer à l’époque, je ne regrette pas d’avoir fait la "Star Ac".

Quel a é t é votre plus beau moment durant cette aventure ?

C’est difficile de choisir. Il y en a tellement. Les duos avec Grégory Lemarchal, Johnny, Lara Fabian et Liza Minnelli. Je retiens aussi les moments entre nous, les fous-rires qui resteront graver à jamais. Mais si je dois vraiment choisir, je dirai quand même l’instant lorsque Nikos a prononcé mon nom lors de la finale, parce que c’est le moment qui a changé ma vie.

Pourquoi l’après « Star Ac » a été compliqué ?

Après la période d’euphorie, j’ai voulu arrêter ma carrière. Ensuite, la naissance de ma fille, qui a aujourd’hui 9 ans, a fait que je n’ai plus vu les choses de la même manière. Cela m’a permis de relativiser. Je chante toujours et même si je ne fais pas de grandes salles de concert, je le fais toujours avec le cœur. Tout ce que j’ai vécu, cela m’a permis d’être celle que je suis aujourd’hui. J’ai parfois fait de mauvais choix en termes de collaborations, mais je ne regrette rien.

Avez-vous gardé des contacts avec les é l èves et les profs ?

Oui même si on ne se voit pas très souvent. Grace aux réseaux sociaux, on s’envoie des petits messages de temps en temps. On a un petit groupe sur Facebook et on discute tous ensemble. On espère se revoir rapidement lorsque les grandes fêtes seront autorisées.

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