Les Farisi et Krayem au cœur des débats sur le procès des attentats de Bruxelles

Osama Krayem.
Osama Krayem. - D.R.

La chambre des mises en accusation entendra encore les avocats de la défense mardi matin. Elle prendra ensuite l’affaire en délibéré pour rendre une décision définitive concernant le renvoi des inculpés devant le juge du fond.

« C’était une audience de procédure. Peu de choses ont été apprises. Il y a eu de nouvelles constitutions de parties civiles, quelques plaidoiries de parties civiles et le réquisitoire, qui s’est concentré sur le rôle de chacun, comme en première instance, devant la chambre du conseil », a résumé Me Adrien Masset, avocat de l’association de victimes V-Europe, à l’issue de l’audience, lundi vers 14h30.

«Il a été évoqué aussi une difficulté juridique concernant monsieur Krayem et concernant une autre personne poursuivie. Et enfin, l’enjeu de ces débats-ci concernait surtout le renvoi ou non devant la cour d’assises des frères Farisi. Le parquet fédéral demande une disjonction du dossier les concernant et leur renvoi en correctionnelle pour participation aux activités d’un groupe terroriste», a ajouté l’avocat. «L’important pour nous c’est que les frères Farisi soient jugés. Nous préférons qu’ils le soient devant un tribunal correctionnel et qu’on puisse se concentrer sur tous les autres accusés devant la cour d’assises», a-t-il confié.

Cet avis n’est pas partagé par toutes les parties civiles. «Je trouve qu’une seule unité de lieu, un seul procès aux assises serait mieux pour mes clients», a notamment commenté Me Georges-Henri Beauthier, qui représente plusieurs victimes.

Quant au principe «non bis in idem», soulevé par la défense d’Osama Krayem, Me Beauthier estime qu’il n’y a pas lieu d’y faire droit. «Ce n’est pas parce qu’il a commis les attentats à Paris et à Bruxelles qu’il doit être condamné une seule fois et échapper à une seconde condamnation. Les faits à Paris et à Bruxelles sont différents. Il invente n’importe quoi. Ce n’est pas parce qu’on tue deux fois qu’on ne doit être puni qu’une fois. C’est absurde. C’est sur quoi j’ai surtout centré ma plaidoirie», a expliqué Me Beauthier.

Lundi, c’est aussi le parquet fédéral qui a présenté son réquisitoire, lequel était déjà connu. Il souhaite que huit inculpés soient renvoyés devant une cour d’assises pour répondre d’assassinats et de tentatives d’assassinat dans un contexte terroriste. Il s’agit de Salah Abdeslam, d’Oussama Atar (qui serait décédé en Syrie), de Mohamed Abrini, de Sofien Ayari, d’Osama Krayem, d’Ali El Haddad Asufi, de Bilal El Makhoukhi et de Hervé Bayingana Muhirwa.

Et il souhaite que les deux derniers, les frères Smail et Ibrahim Farisi, soient jugés par un tribunal correctionnel pour participation aux activités d’un groupe terroriste.

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