Les chauffeurs LVC ont manifesté à Bruxelles pour le plan Taxi

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Manifestation jeudi matin.
Manifestation jeudi matin. - Photo News

Les chauffeurs LVC (location de voitures avec chauffeur), réunis en front commun, ont manifesté jeudi matin à Bruxelles pour « réexprimer leur ras-le-bol face aux promesses non tenues par le gouvernement Vervoort » et à nouveau exiger des avancées sur le plan Taxi en région de Bruxelles-Capitale.

Les manifestants se sont rassemblés à la gare du Nord, alignant leurs véhicules en longue file le long du boulevard Roi Albert II, avant de partir en cortège serré vers le cabinet du ministre-président de la région, où ils ont rencontré le chef du cabinet Vervoort afin d’exposer une nouvelle fois leurs griefs.

Les chauffeurs réclament notamment une réforme du secteur passant par un nouveau plan Taxi en région bruxelloise, dont la première mouture était attendue pour l’été.

D’autres problèmes sont également sur la table, comme le blocage des nouvelles autorisations pour exploiter un service LVC ou la question de la revalidation des licences qui arrivent à expiration au bout de cinq ans.

« C’était une réunion de courtoisie. Le projet d’ordonnance qui vient d’être déposé n’est même pas public pour l’instant et on n’a obtenu aucune avancée », a regretté le secrétaire général de l’Union syndicale des Chauffeurs privés (USCP), Emil Miletinov, à la sortie de la réunion avec le cabinet Vervoort. « Les contrôles vont continuer, par contre on a obtenu une souplesse dans le sens où il n’y aura pas de conséquences pour le renouvellement des licences. »

Une souplesse qui ne sera pas d’application pour les nouvelles licences demandées après mars 2021. « Mais pour l’instant ces licences sont bloquées », précise M. Miletinov. « On nous dit que les licences sont à l’étude, mais on sait qu’elles sont bloquées à la signature. »

Pour ce qui est du statut, « on a appris qu’ils veulent instaurer un statut unique, mais dans les faits ce n’est pas du tout les mêmes droits et les mêmes obligations. Par exemple pour l’instauration d’un certificat de capacité : ils veulent nous l’imposer malgré une expérience de parfois quatre ou cinq ans. »

Quant au numerus clausus, « ça sera discuté plus tard », explique le secrétaire général de l’USCP. « Mais ce sera la boîte de Pandorre. Ils veulent un numerus clausus très restrictif, alors que nous en voulons un révisable et modulable en fonction de la demande. »

Selon le cabinet du ministre-président Vervoort, la délégation des manifestants reçue jeudi matin a été « informée du dépôt devant le gouvernement d’un avant-projet d’ordonnance ». Les grandes lignes du projet leur ont été expliquées, « sous la réserve expresse des discussions qui interviendront en gouvernement ». Le planning des négociations a aussi été rappelé à cette occasion. Il a ainsi été précisé que la négociation avec le secteur serait entamée dès l’adoption en première lecture de l’avant-projet.

Le ministre-président Rudi Vervoort a dévoilé mercredi une partie de l’avant-projet d’ordonnance du plan Taxi, qui prévoit notamment d’unifier le secteur sous un statut définissant des conditions d’exploitation identiques pour les exploitants et les chauffeurs, en distinguant deux sous-catégories : les taxis de station, soit les taxis classiques identifiables avec leur spoutnik dont les prérogatives permettent de profiter des places de stationnement réservées et des voies prioritaires ; et les taxis de rue correspondant à l’activité développée par les plateformes telles qu’Uber et Heetch, dont le maraudage électronique est le principal mode de réservation. Un système de tarification fixe et dynamique est également prévu en fonction des opérateurs, ainsi que la révision du numerus clausus.

En signe de solidarité avec les chauffeurs, Uber a temporairement fermé les réservations de véhicules sur son application entre 8h30 et 11h30.

Alors que la manifestation était initialement prévue pour se poursuivre et se terminer à la place Poelaert à 15h, les chauffeurs LVC ont finalement décidé, en accord avec les forces de l’ordre présentes sur place, de rester jusqu’à 13h devant les locaux du cabinet Vervoort.

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