Bruxelles: la police appelée pour un viol en rue au sortir d’une boîte de nuit

Interpellation.
Interpellation. - Capture vidéo

La petite sœur de la victime a pris la parole sur les réseaux sociaux pour dénoncer les faits qui se sont déroulés dans la nuit de samedi à dimanche au sortir de la boîte de nuit « Dyouke », rue Duquesnoy, dans le centre-ville de Bruxelles : « (Samedi) soir, avec mes sœurs, on a décidé de sortir et, jamais, j’aurais pensé une seconde que ça aurait viré au cauchemar. Un moment donné, dans la soirée, on s’est séparé et ma sœur (pas très sobre) est allée de force à l’extérieur avec un garçon. Et ce fils de p… l’a violée ! Voir ma sœur tachée de sang comme ça… J’ai eu le cœur brisé pour la première fois de ma vie. Je n’ai même pas envie de poster les photos parce que c’est grave traumatisant. Mais elle est actuellement à l’hôpital. Franchement, je m’attendais à plus de professionnalisme de la part de la sécurité. On a dû courir dans toute la boîte de nuit pendant 25 minutes pour qu’on nous écoute enfin, 25 minutes SVP ».

« Ça nous a détruits »

La suite ? La police de Bruxelles Capitale / Ixelles a été appelée à intervenir dimanche matin, vers 6 h 20, pour interpeller dans un parking le présumé violeur qui était alors désigné par un groupe de personnes, mais, après confirmation qu’il ne s’agissait pas du « bon » violeur, ce dernier a été relaxé. La victime a quant à elle été emmenée au centre de prise en charge des violences sexuelles à l’hôpital Saint-Pierre et elle a d’ores et déjà porté plainte pour viol. Sur les réseaux sociaux, l’identité du « bon » violeur et deux séquences vidéos à caractère sexuel (le montrant avec la victime) qu’il a lui-même tournées avec son smartphone ont été diffusées.

« Une policière… »

La Capitale a pu s’entretenir avec la petite sœur (18 ans) et la grande sœur (20 ans) de la victime de 19 ans. « Ma sœur ne le connaissait pas. Au cours de la soirée, il est venu lui parler en notre présence, une première fois, puis, une seconde fois, mais ma sœur n’était pas intéressée et elle ne lui avait pas répondu. Puis, il est venu lui parler une troisième fois quand on n’était plus à ses côtés et c’est à partir de là qu’elle s’est retrouvée dehors avec lui sans savoir comment. La vidéo où elle lui fait une fellation, ma sœur ne savait absolument pas qu’elle était filmée. Elle lui a dit qu’elle n’aimait pas faire ça, mais il l’a forcée à le faire. Puis, même pas trois minutes plus tard, parce que le garçon n’était visiblement pas satisfait, que ma sœur ne savait pas faire ça, il l’a giflée, elle est tombée par terre et il a commencé à la violer. Cela s’est passé dans une petite ruelle. La robe, les chaussures de ma sœur étaient maculées de sang. Le violeur avait aussi du sang sur les mains et ses chaussures. Il a diffusé ces vidéos une fois qu’il a été accusé de viol pour tenter de faire croire que ma sœur était consentante. Or, toutes ces vidéos ont été tournées par lui avant le viol. Il faut aussi savoir que, avant le viol, ils avaient croisé une patrouille de police. La policière qui se trouvait côté passager dans la voiture et qui, je suppose, avait vu l’état de ma sœur, leur a dit de partir un peu plus loin pour faire ce qu’ils avaient à faire… », témoigne la petite sœur de la victime indignée.

Et d’être révoltée par ceux qui tentent de faire passer sa sœur pour une menteuse : « C’était sa toute première fois, c’est ça qui nous a complètement détruits. Je ne comprends comment les gens peuvent mettre la parole de ma sœur en doute. Qui pourrait faire ça comme ça pour une première fois, dehors, dans le froid. Ce sont pour la plupart des garçons qui sont en train de défendre le violeur, je ne sais pas s’ils ont des sœurs ou non, mais je ne comprends pas comment ils peuvent penser qu’une fille est consentante alors que dans l’une des vidéos on voit bien qu’elle ne peut pas l’être. Ce n’était pas la première fois qu’elle buvait et ce n’était pas comme si elle avait bu plus que d’habitude, du coup, on se demande si elle a pu être droguée ou non… »

Quant à savoir pourquoi la chasse au violeur qui a eu lieu après les faits a abouti à l’interpellation d’un suspect qui n’était pas le « bon » ? « Il y a une belle mobilisation féminine. Toutes les filles étaient en train de rechercher le violeur lorsque deux d’entre elles ont remarqué à un moment donné qu’un garçon, qui pouvait correspondre à la description de l’auteur, s’encourait. L’un des membres de la sécurité de la boîte de nuit lui, le seul qui était gentil, a couru après, puis, la police lui a aussi couru après, et c’est là qu’on est arrivé dans le parking où il a été interpellé, mais ce n’était finalement pas le violeur », explique la grande sœur de la victime.

Suspect interpellé

« Dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 novembre, les services de la zone de police Bruxelles Capitale / Ixelles ont été amenés à intervenir rue Duquesnoy, à la sortie d’une boîte de nuit, pour des faits présumés de viol sur une jeune fille majeure. Un suspect présumé a dans un premier temps été privé de liberté, puis, a été relaxé sans audition, la victime ne l’identifiant pas comme étant son agresseur. L’enquête s’est poursuivie et a permis l’identification de l’auteur présumé des faits, qui a été privé de liberté ce lundi 15 novembre au matin. Ce dernier a été entendu par les services de police. Le parquet décidera de l’orientation à donner à ce dossier endéans le délai de privation de liberté de 48 heures. Aucun autre commentaire à ce sujet ne sera fait, dans l’intérêt de l’enquête », a indiqué Martin François, porte-parole du parquet de Bruxelles.

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