Angèle à nu sur Netflix: «Certains voulaient me coincer comme si j’étais responsable»

Angèle à nu sur Netflix: «Certains voulaient me coincer comme si j’étais responsable»
Netflix

Vous pensiez tout savoir sur Angèle  ? Détrompez-vous. Alors que son nouvel album sort dans deux semaines, elle se dévoile dans un documentaire pour Netflix, où elle retrace toute sa vie, depuis son enfance jusqu’au tourbillon médiatique de ces dernières années. Une véritable plongée dans son existence, mais aussi le séisme que représente la notoriété, qui se regarde comme on feuillette un carnet intime. Morceaux choisis.

L’angoisse face au succès

« Personne n’est prêt pour ça », confie-t-elle d’emblée. «  J’étais super-heureuse et en même temps, je n’ai jamais rêvé que ça puisse marcher aussi vite. » Angèle relit alors un mail qu’elle avait envoyé à ses deux managers en 2017, où elle expliquait : « Je sais que je ne peux pas me plaindre, mais comment expliquer que je ne dors pas bien depuis un mois, que je fais des angoisses de fou la nuit et que je pleure cinq fois par semaine ? Je suis quelqu’un d’angoissé et sensible. Tout ce qui m’arrive fait vraiment peur. Je flippe à mort. » Heureusement, depuis, elle a réussi à composer avec le succès. « Je ne voudrais pas échanger ma vie de maintenant contre autre chose, car c’est beau ce qui m’arrive et j’en ai toujours rêvé. »

Humiliée par ses photos dans Playboy

À ses débuts, Angèle s’est retrouvée dénudée en couverture de Playboy. «  Ils m’ont contactée en me proposant de faire un portrait, en me disant que ce serait axé sur le féminisme, la parole des femmes. J’ai accepté et j’ai été étonnée du résultat quand ils ont publié une photo faite plusieurs mois avant, que je leur avais interdit d’utiliser. Je ne voulais pas être sexualisée à mon insu.  » Mais le pire fut le lendemain, quand la presse quotidienne relaya l’image. « Je me suis sentie humiliée. Je prenais à peine confiance en moi et la première presse que j’ai, c’est pour dire que j’étais juste une jolie meuf, une blonde qui se fout à poil. C’était une humiliation publique. Après ça, j’ai vécu des mois de contrôle total sur mon image. Mais ça a forgé aussi ma détermination. »

La fin des rapports normaux avec les gens

« Quand tu es célèbre, plus personne n’agit normalement avec toi. Un soir, en sortie de scène, j’étais triste et pas bien, ce n’était pas le moment de faire des photos avec le public. Je ne peux pas faire semblant, faire un faux sourire, les gens se sont mis à m’insulter, ils sont devenus fous. Je me souviens d’une dame qui a demandé à ses enfants de me tirer les cheveux. Et une autre qui me traitait de star de merde. On me prend juste pour une star, on ne me voit plus comme un être humain. Quand on devient connu, il y a une forme de non-dit qui signifie qu’on appartient aux gens.  »

L’affaire Roméo Elvis

Lorsque son frère, Roméo Elvis, se retrouve accusé d’agression sexuelle, les réseaux sociaux s’en prennent à Angèle, qui avait dénoncé le sexisme dans sa chanson « Balance ton quoi ». Sur Twitter, les « éduque ton frère » fleurissent. « Après ça, pendant trois mois, je ne suis presque pas sortie de chez moi. Cette histoire a été une explosion dans mon cœur et dans ma famille. C’était tellement violent et désolant de voir à quel point certains jubilaient de pouvoir me coincer, moi la féministe qui avait ouvert sa gueule, comme si j’étais responsable, comme si je devais payer aussi, comme si ce n’était pas déjà assez dur d’apprendre cette histoire en même temps que tout le monde. Sur Twitter, on me demandait de réagir, sans quoi le combat que je menais depuis toujours était décrédibilisé. Que ce soit mon frère, mon collègue, mon meilleur ami, je condamnerai toujours ce qui va à l’encontre de mes convictions. »

Son coming-out volé par Hanouna

«  Hanouna m’a outé, il a été la première personne à dire en direct que j’étais avec une femme, alors que c’était quelque chose de super-intime. Il l’a fait alors que ça aurait pu poser des problèmes personnels dans ma famille. J’ai dû non seulement affronter le regard de mes proches, la part d’incompréhension et de rejet, mais aussi l’avis du grand public. Mon coming-out m’a été volé. J’aurais préféré pouvoir choisir le moment et la façon de le faire. »

« Angèle », dès le 26 novembre sur Netflix

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