Carte blanche de Margot Nedved: «Quand le combat commence dans la rue»

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Carte blanche de Margot Nedved: «Quand le combat commence dans la rue»

« Comme chaque année, le mois de mars commence avec une date incontournable : le 8 mars, aussi appelé la journée internationale des droits des femmes. Ce jour symbolique permet de mettre le féminisme à l’honneur et nous rappelle à quel point ce combat est important. Le sexisme est effectivement encore bien présent aujourd’hui notamment dans les rues. En juin 2021, l’ONG Plan international a révélé les résultats de son enquête réalisée en 2019 dans trois grandes villes (Bruxelles, Charleroi et Anvers) et les résultats sont aberrants. En effet, l’enquête montre que ce ne sont pas moins de 9 femmes sur 10 qui sont victimes de harcèlement de rue. Ce fléau, qui touche en grosse majorité les femmes, n’est pas nouveau et pourtant rien ne semble vraiment bouger.

Le harcèlement de rue regroupe un grand nombre de comportements déplacés voire d’agressions dans l’espace publique. Alors que certains qualifient ça de « simple drague un peu lourde » ou de « blagues de mauvais goût », les enjeux sociaux qui se cachent derrière ne doivent pas être minimisés. Une fille sur deux indique que le harcèlement de rue a un impact fondamental sur sa liberté de mouvement selon une autre enquête de Plan International. Les rues sont donc un terrain hostile pour les femmes qui essayent de se retrouver un minimum dehors par peur et, contrairement à la croyance populaire, il ne faut pas faire attention que le soir. Encore selon une étude de Plan International, 38% des signalements démontrent que le harcèlement de rue se produit à tout moment de la journée. Marcher dans la rue devient une véritable source de stress pour les femmes qui se font voler l’espace publique à coup d’intimidation et d’agressions. Comment arriver à une quelconque égalité entre les genres si même sortir sereinement est un privilège ?

Comme dit précédemment, le harcèlement de rue englobe énormément de choses. Cela peut aller d’un sifflement ou d’un regard dégradant à une agression physique comme des attouchements et dans certains cas, même arriver au viol. Chacun de ces actes est grave et pèse dans la balance même si c’est à différents degrés. En effet, chaque comportement dégradant nourrit la pression patriarcale qui accable les femmes dans la rue et laisse des traces psychologiques sur celles-ci. Le harcèlement de rue est devenu tellement fréquent qu’il est à la limite d’être normalisé. Les victimes en arrivent à se retrouver décrédibilisées au moment où elles en parlent parce qu’au fond, « se faire insulter dans la rue c’est rien, il aurait pu arriver quelque chose de plus grave ». Aucun comportement irrespectueux ne devrait être toléré, surtout quand celui-ci fait partie d’une véritable oppression envers les femmes.

Une autre tendance problématique à souligner concernant le harcèlement de rue est la culpabilisation des victimes. La faute est toujours rejetée sur les femmes qui auraient dû s’habiller autrement ou n’auraient juste carrément pas dû sortir. Les solutions aussi ne concernent à chaque fois que les femmes : les alarmes anti-viol, les applications contre le harcèlement, les numéros anti-harcèlement de rue,… Pourtant ce n’est pas de cette manière qu’on va régler le problème. Oui, se protéger c’est important. Mais ce qui serait encore mieux, ce serait de ne pas avoir à se protéger du tout ! Comme le dit l’expression, il vaut mieux prévenir que guérir. C’est pourquoi les meilleures armes contre le harcèlement de rue sont l’éducation et la sensibilisation. Il est grand temps que les mentalités changent et que le harcèlement de rue ainsi que la sécurité des femmes deviennent une priorité ».

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