Jérôme de Warzée dévoile les secrets du succès du Grand Cactus

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Papa d’une fille de 20 ans en examen en cette période, il a travaillé aussi avec les Frères Taloche et Virginie Hocq et avait notamment mis sur pied avec Alex Vizorek une capsule sur le football dans La Tribune. Si aujourd’hui, son duo avec Adrien Devyver plaît en TV, il a arpenté les scènes depuis de nombreuses années seul ou notamment avec Kody.

Ce succès du Grand Cactus qui dure, une surprise ?

« On n’est jamais certain. On oublie quand même beaucoup que Kody, Martin et Fabian étaient déjà en radio avec moi. Notre base était bonne. Après, il y a eu l’alchimie. »

Tu as dû imposer des choses ?

« Je ne voulais pas que cela se tourne à Bruxelles, je voulais aller à Liège. Je voulais un talk-show. Je ne voulais pas juste faire des sketches sur scène… et surtout, je ne voulais pas du direct. La magie du Grand Cactus, c’est le montage. Les comédiens reçoivent les textes et doivent être prêts deux jours plus tard. On ne se rend pas toujours compte de leur investissement dans cette préparation quand on est devant l’écran. Ils bossent sur des personnages qu’ils ne connaissaient pas 48 h auparavant. »

Combien de temps de montage ?

« Juste après l’émission avec Marie Iker, on monte jusqu’à 3-4 h du matin. Cela permet de garder un rythme et d’être minuté. Le montage continue le lendemain. »

Et le temps d’écriture ?

« Trois jours complets. Je m’enferme. Il ne faut pas m’appeler. Cela se passe toujours la semaine qui précède. Nous avons 4 coauteurs formidables. Ils ont leurs qualités (vannes, scénario…). Je porte la responsabilité finale de toutes les vannes » (sourire)

Impro ou pas finalement sur le plateau ?

« Pas d’impro. Tout est écrit. Pour une raison simple : dans l’impro, il y a souvent beaucoup de déchets. »

Écrire pour les réseaux et la TV en même temps, c’est différent ?

« Nos vidéos ne peuvent pas excéder 300 secondes. C’est une contrainte d’écriture. Sur le web, nous avons un succès que nous n’avions pas anticipé en France. C’est d’autant plus surprenant que j’utilise des hommes politiques belges. Notre chaîne Youtube connaît un grand succès sans commentaire haineux. C’est à souligner. »

Vous avez des appels des politiques que vous taquinez ?

« Je n’ai jamais de retour direct. Je sors très peu. Ils ne réagissent pas. Je sais qu’Yves Van Lathem nous trouvait un peu outranciers, mais qu’il ne voyait pas d’inconvénient à ce personnage. »

Un peu de censure ou d’autocensure ?

« Je sais jusqu’où je peux aller. C’est même plutôt moi qui bride parfois les textes. Je cherche « zéro polémique », je veux juste faire rire. J’aime quand on met dit qu’on retrouve « Nulle Part Ailleurs » et « le Canal de la belle époque ». Ce n’était toutefois pas ma référence en écrivant. Je ne pensais à rien… J’ai toujours été fan des « Inconnus » dans leur façon de restituer l’actualité par leur prisme. »

«Il faut qu’il s’accroche»

Être patient pendant 10 ans ?

« Aujourd’hui avec les réseaux sociaux tout peut aller très vite. La célébrité, c’est très facile à trouver, mais la popularité, c’est très compliqué. Et puis il y a la durée. Comme le dit Pierre Kroll, « l’important, ce n’est pas de faire un dessin qui va faire un buzz mais de faire un dessin tous les jours. »

Il faut aussi savoir pourquoi on le fait… non ?

« Le jeune ou moins jeune doit savoir s’il le fait pour être connu, pour faire rire… pour faire les deux. Est-ce qu’il veut seulement épater les réseaux sociaux ? Il/elle doit aussi accepter de jouer les premiers spectacles devant des scènes vides pour apprendre… On l’a tous fait. En plus, moi, j’ai commencé tard, à 35 ans… »

Tu as eu des rencontres décisives ?

« Après, il faut avoir la chance de rencontrer les bonnes personnes au bon moment et bien s’entourer. Il faut trouver des gens de confiance qui nous permettent de passer des paliers. Par exemple, au fil de ma carrière, j’ai appris à aller jouer dans des salles qui me convenaient mieux… j’ai aussi adapté mon écriture… J’ai rencontré de tout dans ma carrière, des escrocs comme des personnes extraordinaires. Il faut savoir faire le tri pour apprendre et être moins naïf. On prend des baffes dans la gueule et on avance. »

En cette période d’examen, tu as des souvenirs de l’école ?

« J’ai toujours eu du mal à faire un effort pour des choses qui ne m’enthousiasment pas. À l’école, j’avais l’impression que l’on faisait toujours ressortir ce que je ne savais pas surtout dans les cours de sciences et de math. Pourtant, je lisais beaucoup et j’avais l’impression d’apprendre beaucoup en lisant. À cet âge-là, j’étais déjà friand d’actualité, de sport, d’économie. »

Un prof que tu retiens ?

« Aucun. Même en français. »

Tu y faisais du sport ?

« J’adorais le foot et j’étais assez doué, mais je n’avais pas des parents qui poussaient dans le sport. Aujourd’hui, j’en fais moins, mes genoux sont un peu abîmés. »

V.Li.

«Avec Kody, on se connaît depuis au moins 12 ans»

À quand une émission en France, à Paris ?

« Il y a déjà eu une grosse touche sur M6 en France, mais cela ne s’est pas fait pour différentes raisons d’organisation, de choix artistiques… »

Des nouveaux projets ?

« On a des beaux projets pour l’année 2023 pour les fans. »

Kody, tu l’as rencontré quand pour la première fois ?

« Ce n’est pas récent : il y a 12-13 ans. On pense que l’on s’est rencontré comme avec Alex Vizorek à un festival de Rochefort où je jouais. En 2008 ou 2009. On a travaillé ensemble sur un projet scénique de petites troupes humoristiques qui s’appelaient « L’agence tous rires » en 2009… et puis je lui ai demandé de venir la première fois en radio en février 2012. »

Il y a moyen de retrouver cette première ?

« Cela s’appelait « Le consul namibien » je pense… En fait, Filip DeWinter (Vlaams Belang) avait dit que si le PS arrivait au gouvernement, il allait s’exiler en Namibie. J’avais proposé à Kody de venir faire le consul namibien. Il était venu. Cela doit se trouver sur Auvio, c’est un collector. »

Bonne ambiance entre les humoristes belges ? Pas de compétition ?

« Il y a de la place pour tout le monde, en Belgique et en France notamment. De plus en plus de salles accueillent nos spectacles à travers le pays et dans les festivals presque toutes les semaines en Belgique. »

Au fait, pourquoi la RTBF plutôt que RTL ?

« Je n’avais aucun plan. Je devais même aller à la RTL, mais je suis arrivé à la RTBF parce que RTL n’a pas saisi l’occasion que je remplace Frédéric Dubus en août 2010. J’avais tourné des séquences avec André Lamy. Au même moment, Vivacité m’a contacté aussi pour la matinale. RTL a mis trop de temps pour se décider. André m’a dit d’aller sur Vivacité et puis tout s’est enchaîné, Kody et les autres… »

V.Li.

Une série TV avec l’équipe du Grand Cactus

Un retour sur scène est prévu ?

« Le dernier vrai spectacle que j’ai donné, je l’avais programmé en novembre 2019. J’ai eu de la chance. J’avais dit que je ne réécrirai pas de spectacle tout de suite parce que je venais d’en faire deux de suite. Je voulais prendre un peu de recul. Le Covid l’a provoqué naturellement. Actuellement, j’ai beaucoup de travail… surtout que j’avance aussi sur l’écriture d’une série pour la RTBF. »

Une série sur quoi ? Humour ? Policier ?

« Ce ne sera pas de l’humour, on sera plutôt dans de la comédie dramatique avec l’équipe du Grand Cactus. C’est un sujet très particulier que je connais bien. Nous y travaillons doucement avec le temps que l’on a dans nos agendas actuels. Le projet a été validé. Nous aurons un peu plus de temps pour y travailler entre septembre et décembre parce que la Coupe du Monde de football (mi-novembre à mi-décembre) et l’Europa Ligue de foot vont phagocyter complètement la grille TV. Il y aura moins d’émissions du Grand Cactus en fin d’année. Je crois qu’il n’y aura que quatre ou cinq émissions entre septembre et décembre. »

V.Li.

Le départ de Thierry Luthers

Qui va remplacer Thierry la saison prochaine ?

« Il a confirmé son départ. C’est un profil particulier. Au lancement du projet, c’est le premier chroniqueur que je voulais dans l’équipe parce que ma grande référence était Pierre Tchernia chez Arthur. Avec son départ, la question est ouverte. Est-ce qu’on le remplace ? Par qui ? Est-ce qu’on change de personnalité ? Est-ce qu’on met une femme ? On est toujours dans la réflexion… »

Pas possible de le faire changer d’avis ?

« Il pourrait, mais il tient à arrêter la TV dans son ensemble, une réflexion cohérente pour lui. Il pourrait certainement être une guest star une fois sur l’année avec plaisir. »

Vous ferez un hommage dans la dernière émission ?

« Évidemment. Nous le préparons à notre manière. »

Il était très apprécié par les téléspectateurs. Qu’en pense le public ?

« Je sais… le public déteste le changement. La personne qui le remplacera sera regardée différemment. C’est la vie. Nous sommes là depuis 7 ans et il y a déjà eu des changements. Quand un meuble bouge, dans le salon, cela se voit tout de suite. Nous avons pu compter aussi sur Cyril quand il a fallu remplacer Adrien à la dernière minute. »

Au fait, il sera là pour la dernière ?

« Oui Adrien revient. »

V.LI.

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