Artem, un Carolo de 27 ans, a été tué lors d’un bombardement russe en Ukraine

Artem avait 27 ans...
Artem avait 27 ans... - D.R.

Le jeune Artem Dymyd avait 27 ans. Il était Ukrainien d’origine. Mais il avait également la nationalité belge et de la famille à Charleroi où il venait souvent.

Le jeune homme a été tué samedi matin lors d’un bombardement russe alors qu’il défendait son pays. Il combattait aux côtés de l’armée ukrainienne depuis plusieurs années, dans le bataillon Azov.

Les funérailles du jeune homme ont eu lieu mardi à Lviv, en Ukraine. Une cérémonie très émouvante évidemment, tant par le jeune âge d’Artem, que par l’hommage que sa maman lui a rendu. Ivanka a eu le courage de chanter une longue berceuse pour son fils éternellement endormi… Lors de la cérémonie, Michel son père, prêtre orthodoxe à Charleroi, était aussi présent.

Parti en héros, des centaines de personnes s’étaient rassemblées pour rendre hommage à Artem.

Moitié Carolo, moitié Ukrainien

La famille Dymyd a toujours eu un pied en Ukraine et l’autre à Charleroi. Artem, venait souvent rendre visite à sa grand-mère au Pays Noir et connaissait bien la région. Lorsque le conflit entre l’Ukraine et la Russie a commencé, le jeune homme était aux États-Unis. Nous avions rencontré Michel, son père, en mars dernier, alors que les deux sœurs et la mère d’Artem venaient d’arriver à Charleroi pour être en sécurité.

En voyant la situation se dégrader à l’époque, la famille Dymyd avait effectivement rapidement compris que le conflit n’allait pas s’arrêter de sitôt. Chacun a alors décidé comment agir. Soit revenir vers Charleroi afin d’être dans un endroit sûr, soit rester en Ukraine pour soutenir le pays. Ivanka, la femme de Michel et ses deux filles, Klymentia (27 ans) et Emiliya (14 ans), ont embarqué leur chaton et sont parties de Lviv une semaine après le début du conflit. Les deux jeunes femmes revenaient souvent en Belgique mais toute leur vie était en Ukraine. Klymentia étant enceinte, c’est pour leur sécurité qu’elles étaient rentrées.

« Mon fils Artem est en route pour l’Ukraine », avait alors raconté Michel, le papa. « Il était aux États-Unis mais il veut participer et protéger son pays », disait-il, fier de son enfant.

Michel, son papa, avec son épouse et leurs deux filles.
Michel, son papa, avec son épouse et leurs deux filles. - D.R.

Un obus

Le père de famille a assuré, lors d’une interview avec RTL ce mardi, qu’Artem connaissait les risques qu’il prenait. « Il était conscient que la mort pouvait le prendre. Il n’avait pas peur de mourir. C’était un idéaliste qui voulait se battre pour la liberté de son pays et de l’Europe. » Un jeune homme engagé que Michel surnomme dans ses mots d’hommage « son guerrier ». Ce papa, meurtri, expliquait que même s’il comprenait et était fier des décisions de son fils, « d’un point de vue humain, c’est dur, très dur. J’ai une brêche qui s’est ouverte. »

Artem a été tué samedi matin entre Mikholaiv et Kherson, sous le feu intense des Russes. Son corps était criblé de morceaux de fer…

« Le corps a été remis dans un cercueil fermé. On m’a montré une photo. Le corps est entier mais il est criblé de morceaux de fer d’un lance-roquettes », a encore expliqué son père Michel.

Sur les réseaux sociaux, les textes et photos de ses soeurs, de ses amis, de ses frères d’armes racontent la personne passionnée et courageuse qu’était le jeune homme.

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